Lora Baurin : « C’est l’écriture qui choisit, pas moi »

PORTRAIT.

Cette écrivaine gozéenne de 23 ans, vient d’autoéditer Le regard de l’amour, le deuxième opus de sa saga littéraire Jusqu’au bout des mondesfin novembre 2018. Retrouvailles avec le tout jeune adolescent Simon Farzwo, juif. Il a fuit la seconde Guerre Mondiale à travers les frontières d’une France occupée pour rester en vie.  Rencontre avec l’auteure, pour qui l’inspiration et la persévérance sont ses maîtres mots pour persister en littérature.

© M.T pour RollingNews Portait de Lora Baurin

C’est entre les cours de la Faculté de Droit et les premières senteurs du Marché de Louvain-la-Neige que ce sont déroulées nos interviews, en ce début décembre 2018. Lora Baurin se prépare à son premier blocus de l’année pour sa deuxième bachelier en droit à l’UCLouvain. Situation qui lui reste familière puisqu’elle détient déjà un premier bachelier en philologie romane à l’UNamur (2015), durant lequel, elle est partie en Erasmus à l’Università degli Studi di Padova (Padoue, Italie). En 2017, elle a été diplômée d’un Master en philologie romane à finalité approfondie en littérature française des XVIIe et XVIIIe siècles à l’ULg.

Un détail qui n’échappe pas dès que l’on croise son portrait sur la quatrième de couverture du tout nouveau livre : « amoureuse de la langue française et passionnée de lecture ». A côté de cela, Lora Baurin a plusieurs hobbies et s’est investie dans plusieurs projets étudiants, nous dit-elle:  « J’ai fait de l’équitation, de la natation, du théâtre, du solfège, du chant, d’ailleurs je suis à l’Akapella (NDLR : un kot-à-projet étudiant de LLN). Quand j’étais à Namur, j’ai participé à la Revue deux années aussi, plus pour le niveau théâtral pour ceux qui connaissent le concept. ».

Narrer des histoires jusqu’au multilinguisme

Bien que les formations universitaires s’ajoutent au gré de ses nombreuses activités, il y a pourtant un premier créneau que Lora Baurin a emprunté dès son enfance, celui d’écrire ou plutôt, d’abord, celui de raconter des histoires. «  De grandes histoires  », qualifie-t-elle. Des récits partagés avec ses poupées Barbies – et aussi avec ses parents, premiers supporters, qui l’écoutaient en douce pendant des heures -, nous avoue-t-elle sur le ton de l’anecdote. D’insister ensuite, sur le fait que l’écriture a suivi avec les années pour éviter les moqueries extérieures, parce  qu’elle « devenait un peu grande ». Avec le recul, ces histoires, c’était déjà du sérieux, loin d’ être « un petit jeu juste comme ça », assure-t-elle. Lora surfe sur le réalisme de fiction et le récit d’apprentissage, parfois avec une note fantasy, bref au plus près des frontières des genres littéraires.

L’avantage d’avoir commencé à 12 ans ses « premiers jets », nous explique-t-elle, est que la progression dans l’écriture est perceptible, avant d’ajouter : « Je dirai que tout est un peu source d’inspiration. Tout ce que je vis, tout ce que je lis, je vois, j’entends. En fait, je dirais que tout ma vie fait un peu un genre de … bouillonnement à l’intérieur de moi qui fait ressortir des idées ». Des idées couplées au multilinguisme. L’italien et l’allemand agrémentent son récit aussi bien que le français, vu que Simon Farzwo voyage hors les frontières de l’Hexagone. Ces passages sont traduits « en note infrapaginale »  avec l’aide d’un ami, pour l’allemand, du moins.

Vers une pentalogie ?

Lora Baurin préfère jouer la carte du suspens, sans trop dévoiler la suite de la saga. Alors qu’elle avait déjà annoncé en 2012 à nos confrères de l’Avenir, Jusqu’au bout des mondes est une quadrilogie, elle nous laisse entendre qu’elle s’arrêtera qu’après un cinquième opus. Exclusivité? Patience. Les titres des différents tomes indiquent, selon la romancière, des indices à relier entre eux. Une articulation de microrécits vers une histoire plus grande. A voir avec le troisième tome dont le titre est encore bien gardé.

En 2012, après son prix de la Poésie et la publication du premier livre, Le deuxième monde, suite à un prix gagné chez les éditions liégeoises Dricot, la Gozéenne a décidé de se lancer dans l’expérience de l’autoédition avec « l’envie de le faire de A à Z, toute seule ». Une découverte au fur et à mesure qui nourrit son apprentissage : « C’est la première fois que je consacre à l’autoédition, c’est assez compliqué parce que je me rends compte qu’il y a plein d’étapes préliminaires. Je les découvre petit à petit en fait. (…) On a un livre en main, on ne se rend pas compte de toutes les étapes qui a avant que le livre arrive entre les mains ». Même l’illustration de la couverture est le fruit d’une collaboration entre l’auteure et une amie. Son prochain objectif, nous confie-t-elle, après ses examens, sera de trouver des lieux où elle pourra mettre en vente ses livres et même, plus tard, s’autoriser à rêver d’une adaptation.

Redonner le goût de la lecture, persévérer dans l’écriture

La jeune femme a son analyse sur la lecture, elle déplore « le désintérêt grandissant ». De même, être jeune écrivaine reste laborieux quand l’expérience est remise en doute et professionnalisme à cause de son « jeune » âge, nous relate Lora, et répond : « C’est compliqué  (rires).D’abord,  [il faut]  persévérer parce que c’est un monde où, très souvent, les gens essaient de décourager les écrivains, je trouve. Surtout les jeunes. J’ai déjà eu des mauvais échos de gens qui pensent que parce qu’on est jeune, on n’écrit pas bien ou c’est pas forcément très professionnel, des choses ainsi, alors que ce n’est pas du tout le cas. (…). Se dire que non, qu’on peut y arriver, qu’on est bon et voilà. C’est vraiment persévérer et aussi être très patient, aussi vis-à-vis de soi-même parce que parfois, on a tendance à vouloir écrire tout d’un coup et on écrit mal dans ce cas là. Il faut écrire petit-à-petit, progressivement et avoir beaucoup de patience. ».

Si vous êtes impatient.e.s de découvrir le monde de Lora Baurin, il vous est possible de vous procurer Regard de l’amour auprès de l’écrivaine via sa page Facebook ou bien de la rencontrer à sa séance de dédicace de 14h à 17h aux Cercles Romanes à Université de Liège, ce mercredi 5 décembre.

Le journalisme constructif, vers un nouveau paradigme ?

Jusqu’à ce dimanche 23 septembre 2018 s’est déroulée à Louvain-la-Neuve, la toute première édition du Festival Maintenant. Le thème névralgique en est la transition écologique, économique et sociétale. Elle aborde en cinq jours plusieurs activités comme des films, ateliers, débats. Le jeudi 20 septembre 2018 était programmé un débat sur la profession journalistique titré : « Les nouvelles positives, c’est aussi de l’info ». Sans filtre ni tabou, Hugues Dorzée (Imagine), Leslie Rijmenams (Nostalgie) et Felice Gasperoni (RTBF), la facilitatrice Yasmine Boudaka et une quinzaine de citoyens ont échangé sur l’essence de cette mouvance dans le journalisme, mais aussi sur leurs déceptions et craintes et surtout sur leurs envies, espoirs envers les médias. Récapitulatif :

Les témoignages ont été le moteur du débat qui a évolué en trois temps : présentation des médias, séquences de questions-réponses et, enfin, interactions collectives. Durant cet échange, plusieurs thématiques sous-jacentes comme la réalité économique, l’acte citoyen de choisir sa presse, l’importance du choix des mots ont été abordées.

De gauche à droite : H. Dorzée, L. Rijmenams, Y. Boudaka © M.T. pour RollingNews

Identités distinctes sur une même longueur d’onde

Chacun.e.s des journalistes invité.e.s ont voulu expliquer pourquoi ils et elles se sont inscrit.e.s dans cette dynamique définie comme « constructive ». Nouveau filigrane commun pour des médias différents au nom du pluralisme. Pour Hugues Dorzée, rédacteur en chef chez le magazine alternatif Imagine. Demain le monde se lance en premier et amène le magazine comme précurseur : « Moi, j’ai la particularité d’être passé d’un média meanstream généraliste qui était le Soir où j’ai travaillé pendant 18 ans. Depuis 5 ans, j’ai la chance de participer au redéploiement d’un magazine qui existe depuis plus de 20 ans maintenant et qui était déjà précurseur en 1996 sur les questions de transition ».

Felice Gasperoni et l’émission Alors, on change !  qu’il amine, en explique le pourquoi : « Ce sont des portraits des acteurs de changement, des gens qui se bougent parce qu’ils ne se sentent plus en phase avec la société actuellement (individualisme et hyperconsommation) et qui ont décidé de changer les choses à leur échelle dans leur vie, dans leur ville, dans leur entreprise. L’intention est de montrer de manière constructive que des gens trouvent des solutions pour le bien commun ».

Quant à Leslie Rijmenams, elle avance que son émission Y’a de l’idée s’inscrit dans une continuité par rapport au travail de ses confrères : « En 2013, on a créé la chronique citoyenne ‘Y’a de l’idée’ qui est dans la veine qu »Alors au change !’. On va à la rencontre de citoyens qui veulent changer le monde à leur façon, qui veulent l’embellir, l’améliorer en tout cas et de voir quelles sont leurs solutions, à leur échelle et aussi de s’inspirer de ce qu’il se passe ailleurs dans le monde et de voir si ça peut susciter un mouvement ici en Belgique ».

Le positivisme, la vie en rose ?

Le but n’est pas de nier la réalité qui peut être difficile comme des catastrophes ou des attentats. Le but est de choisir ses mots et de comprendre que ces mots ont un impact sur la perception du monde. Le journalisme dit « positif » ou « constructif » veut changer de ton et sortir d’une sphère anxiogène et dramatique que les nouvelles peuvent avoir. Leslie Rijmenams nous raconte comment elle a adapté son écriture journalistique : « En tant que journaliste, on a énormément de poids dans la façon dont on exprime les choses. C’est-à-dire quand il y a un bouchon sur le ring de Bruxelles, que ça fait le premier titre de l’actu et que l’on vous parle ‘d’apocalypse’ ou de ‘chaos’, la façon dont on va recevoir ce message va être totalement anxiogène. Maintenant, si je vous dis, en premier titre toujours, je vais vous parler exactement de la même chose, mais en disant : ‘Attention si vous prenez l’E40 ce matin, essayez de prendre une déviation. Tentez de prendre le train parce que ça bouchonne pas mal, vous êtes ralentis de vingt minutes, il faudra être patients pendant vingt minutes’. Votre perception des choses va être complètement différente ».

L’évolution du regard sur la transition…

Bien le sujet à proprement parlé sur la transition ne date pas d’hier, tous et toutes sont d’accords pour dire que le tournant médiatique s’est opéré autour des années 2013 et 2014 au moment de la sortie du film Demain (2015) et reconnaissent unanimement que « quelque chose est en train de se passer ». La transition selon eux, doit sortir de la catégorie propre et transparaître sur tous les sujets et surtout pérenniser dans le temps comme le résume Felice Gasperoni : « Chez nous, il y a eu une première phase avec ‘Alors, on change ! ‘ en télé et ‘Utopia’ en radio, où il y avait clairement une dimension ovni, c’est clair. Et puis, il y a eu le film ‘Demain’ et en 2016, à la RTBF, il y a eu un intérêt du public évident. Est-ce que ça été une prise de conscience ou la volonté de se dire qu’il y a un potentiel pour un public qui on va surfer dessus ? En tout cas, c’est de notre mission de service public d’y répondre. Il y a eu l’envie de marquer le coup avec une soirée prime time «’Demain, et après ?’ avec Jonathan Bradfer et Fiona Colienne. On s’est dit qu’en une émission, il résume trois saisons d »Alors, on change !’ A côté, il y avait la volonté de pérenniser cela derrière avec des rendez-vous récurrents. Aujourd’hui dans Tendance Première avec Véronique Thyberghein une chronique quotidienne consacrée à la transition ».

A cela, un interlocuteur a voulu témoigner de son changement professionnel qui l’a mené vers une presse qu’il qualifie « d’associative » et qui pour lui, est un intermédiaire entre la presse dite de qualité et la presse sensationnaliste : « J’ai travaillé une vingtaine d’années qui s’appelle le Vif/L’express. Il y a dix ans, je me sentais plus bien dans le journal, je l’ai quitté, je n’étais plus d’accord avec la ligne rédactionnelle, etc. Puis, j’ai abouti dans un journal « mutualiste » qui s’appelle ‘En Marche’ et, dans lequel, je n’avais jamais envisagé de travailler. Ce n’était pas du tout dans mon projet de carrière. Là, j’ai trouvé à ma grande surprise, et c’est là que je situe ce média comme intermédiaire plus technique et/ou associative, j’ai trouvé un journal dans lequel le souci de présenter le positif, pour se démarquer du spectaculaire, du réactif, du scandale. Ce souci était de mettre l’accent sur tout ce qui relie plutôt sur ce qui divise. Tout ce qui relie et novateur sans esbroufe à quelques initiatives, associatives ou autres ».

Une légitimité timide

Lors du débat, une interlocutrice s’est interrogée sur le fait de supprimer ou déplacer une émission en journée était une décision rédactionnelle, autrement dit, la décision des journalistes eux-mêmes. L’essence intellectuelle d’un sujet se conjugue aussi avec la rentabilité économique. Si une émission fonctionne, c’est d’une part parce que le public la « consomme », elle donc rentable, et d’autre part, c’est parce qu’il y a un intérêt de ce public, du moins, très simplement, pour Nostalgie et la RTBF. Pour Imagine, le modèle économique dit « alternatif » : il fonctionne à 60 % sur les abonnements selon Hugues Dorzée et la ligne éditoriale a été inspirée d’un panel de citoyens et professionnels.

Par ce constat, Felice Gasperoni souligne l’importance des enjeux sociétaux pour le bien commun que soulève la transition et qu’il y a un manque de prise de conscience : « C’est une bataille de – Hugues Dorzée : d’ audimat ? – de prise de conscience de l’enjeu et avec notre direction, on doit toujours se justifier, expliquer à nouveau, montrer qu’on est pertinent sinon on est perçu comme marginaux alors qu’on ne l’est pas parce qu’on traite de sujets qui touchent tout le monde. Nous suivre et partager nos contenus nous donne une légitimité ».

Leslie Rijmenams s’estime chanceuse d’être dans une rédaction où, au contraire, les choses vont de soi : « Notre directeur Marc Vossen qui fait partie de la ligue des optimistes, qui est un optimiste convaincu et voit tout le temps le verre à moitié plein et ça aide vraiment, et ça c’est vrai quand on a un supérieur hiérarchique dans ce move-là, c’est beaucoup plus facile de faire passer des choses que dans d’autres entreprises où l’on bloque des quatre fers quand il y a cette mouvance positive qui pointent le bout de son nez ».

Hugues Dorzée se réjouit de cette prise de conscience tout en mettant en garde l’opportunisme et la récupération par le greenwashing : « Tant mieux, je dirais et tout est bon à prendre. J’ai travaillé au Soir pendant 18 ans, je ne m’occupais pas de ces matières-là, mais je sais que mes collègues ramaient pour essayer d’imposer des choses. L’environnement, ça passait toujours après, les migrants c’est gentils, mais ce n’est pas sexy, le changement climatique, ok c’est préoccupant, mais bon, ce n’est pas trop grave, etc ? Je caricature à peine. Mais depuis quelques années, effectivement il y a une espèce de prise de conscience dans les rédactions, à mon avis qui est intéressante qui se traduit avec des pages, des ‘one shot’ aussi, on surfe sur des vagues où tout le monde s’engouffre et c’est ce que j’appelle parfois le  ‘journalisme girouette’ et ça m’inquiète ».

Le feedback de la mass critique

L’économie médiatique découle en partie de son lectorat, de vous aussi. Consommer de l’information peut devenir un acte citoyen pour celles et ceux qui le décident, car selon les journalistes présent.e.s, c’est le public qui décide de couper sa radio, télé ou de refermer son journal. C’est aussi à lui, en partie de faire remonter les bonnes informations aux directeurs de l’information : le fait qu’une émission plaise. En parallèle, si le contenu est suivi et commenté alors il y aura plus de poids dans la balance économique.

Avec les rires de l’assemblée, ces journalistes ont unanimement et sous des traits d’humour, demandé à chacun.e de réagir sur tous les écrans possible. Métaphore qui pose une nouvelle question, celle du sixième W dans le jargon des médias : What do we do now ? Que fait-on maintenant avec l’information ?

Manon Thomas

Journaliste d’un jour pour le Festival Maintenant

Des citoyen(ne)s nettoient leurs rues des mégots

Alors que le 21 avril dernier se déroulait la mobilisation citoyenne « Leo Not Happy » dans plusieurs villes du royaume, la ville de Louvain-la-Neuve n’y figurait pas. Ne l’entendant pas de cette oreille, un petit groupe de citoyen.ne.s a mené deux initiatives spontanées en mai, sous la bannière improvisée du « Ramass’clope ».

Ce mardi 15 mai 2018 à 14h, le clocher de la Grand-Place retentit deux fois. Nous devons rejoindre le Musée Hergé pour le point de rendez-vous, pour participer à une action citoyenne. Il devient difficile d’arpenter les rues sans voir que des mégots jonchent sur le pavé, au moins une dizaine sur 20 mètres. À 14h03, Valentine, une étudiante, arrive avec son sac, des bouteilles de coca vides et des gants en latex. C’est probablement l’attirail de fortune avec lequel nous allons devoir nettoyer les rues piétonnes de la ville. Il faut descendre vers le Lac, c’est là que commence la tournée de ramassage.

C’est d’elle que tout démarre, non sans le soutien d’autres habitant(e)s et étudiant(e)s. C’est elle qui  souhaite poursuivre l’appel du 21 avril, à l’échelle locale. Après une première mobilisation avec ses ami(e)s proches, Valentine poste sur le groupe de la ville, Ottignies-LLN, ma ville, un événement Facebook invitant les citoyen(ne)s à se mobiliser pour ramasser ces déchets le temps d’une après-midi. Ce mardi 15 mai, elle a organisé son « deuxième round », elle en explique ses motivations : « Je me suis dit que c’est dommage dans une ville comme Louvain-la-Neuve avec beaucoup d’étudiants, beaucoup de fumeurs a priori et effectivement, dans les faits, on a remarqué qu’il y avait pas mal de mégots qui traînaient autour du Lac. En ville aussi, on ne les remarque pas, mais quand on regarde un petit peu, il y en a beaucoup un peu partout (…), c’était dommage de ne pas avoir eu cette action-là. C’est de là que j’émets l’idée d’organiser cette journée ».

© M.T. pour RollingNews Constance et Valentine s’active aux d’un bac à proximité du lac où la concentration de mégots est forte.

© Manon T., Constance et Valentine s’activent autour d’un banc aux alentours du Lac. La concentration de mégots y est forte.

L’image de la pollution renvoie aux détritus de toute sorte, aux canettes, aux papiers et aux mégots. Si les mégots sont la première cible, pour Valentine, c’est à cause de leur impact environnemental. En effet, le mégot de cigarette est nocif pour l’environnement. « Pourquoi les mégots ? Parce que c’est le pire petit déchet qui existe. Dans un seul mégot, il y a plus de 4000 substances nocives et peut polluer jusqu’à 500 litres d’eau (NDLR : selon la page de « Leo Not Happy »). Ce sont des chiffres dont on se rend pas bien compte, mais qui sont colossaux et impactent énormément l’environnement et une zone verte comme le Lac de Louvain-la-Neuve. C’est aussi un déchet qui est très important comme le métal n’est absolument pas biodégradable, le temps de décomposition est colossal. » Le Lac a été symboliquement choisi pour la présence de la faune et la flore, mais également, car ce lieu est énormément apprécié des habitants et des étudiants.

Vif intérêt auprès des citoyen(ne)s, mobilisation timide

La communication du « Ramass’clope » s’est faite uniquement via les réseaux sociaux. Prévenir permet de faire la publicité et laisse du temps pour se déplacer et s’organiser, selon l’initiatrice, mais, force est de constater que l’engouement virtuel est toujours tangible, alors que le nombre d’intervenants sur le lieu de départ est loin du compte. Elle relativise : « En tout cas, le soutien des passants y était, mais pas dans les faits au vu du nombre de participants. Maintenant, sachant qu’on se rapproche du blocus et des examens, ça va sans doute être compliqué pour les gens de venir, ce dont j’avais conscience ». Un passant curieux par ce qu’il voyait, s’est étonné positivement de la démarche : « Ah, vous ramassez des mégots ? Vous avez déjà un sacré cendrier ! Moi, je n’ai rien à ramasser. Je ne fume pas », ce à quoi le groupe rétorque, sourire aux lèvres : « Nous, non plus, nous ne sommes pas fumeurs, bonne journée, monsieur! ».

« C’est important d’avoir un endroit dans lequel je vis qui est propre et je trouve que malheureusement, il y a beaucoup de déchets » Pablo.

Ils  et elles sont tout de même six étudiant(e)s à avoir scruter les abords du parcours et les alentours pendant trois heures. Pour Pablo, non-fumeur, l’important est d’avoir un environnement sain et d’aider  : « Je trouve cela important de faire un petit geste pour la communauté parce que ce n’est pas non plus à la commune de tout faire ». Constance, étudiante, nous explique la raison de sa venue : « Je pense que c’est important à notre échelle, d’agir pour la planète parce que si nous, nous ne faisons pas, je ne sais pas qui le fera. Qu’on soit fumeurs ou pas, on vit tous sur la même planète et c’est pour ça que je suis ici aujourd’hui ». Pour Amélie, elle trouve que l’initiative locale est une occasion de s’impliquer : « On a des amis fumeurs qui font quand même attention. Ce sera quand même un geste citoyen. Je trouve que c’est une super initiative. Il y en avait une à Bruxelles et savoir qu’il n’y en avait pas à Louvain-la-Neuve alors que les étudiants qu’il y a et qui fument, c’était dommage. Quand, j’ai vu l’évènement, je me suis dit, autant le faire. »

À la fin de la journée, le volume approximatif d’un litre par personne. En septembre prochain, Valentine a déjà fait savoir qu’elle lancerait le « troisième round ». Elle espère rallier le plus de gens à sa cause tout en ramassant de moins en moins de mégots.

© Valentine Cordier Quantité de mégots ramassés

La commune informée du phénomène

Le service environnement et le conseil communal ont été mis au courant de l’événement. Saluant la démarche citoyenne. Deux points importants reviennent autour des discussions sur les réseaux, comme l’installation de poubelles et cendriers visibles supplémentaires. Pour certain(e)s, il est important d’être plus ferme quant aux sanctions pour ces incivilités. Suite aux événements, un conseil pour la sensibilisation des fumeurs est tenu ce vendredi à 11h à l’antenne de LLN et le sujet de la dépollution des mégots sera abordé au prochain conseil communal, le 29 mai 2018 à Ottignies.